Méditation photographique

Ecrit le 26 février 2017...

Y’a rien qui ne me désespère plus que de devoir faire un choix. Parce que faire un choix, c’est renoncer. Et si je prenais la mauvaise décision ? Et si c’était mieux si je prenais l’autre option ? Comment en être sûre ? Et si je me trompe ? Et si ? Et si ? Et si ?
 

Est-ce que c’est vraiment grave si je ne prends pas la bonne option ? Quelle conséquence ça aura ? Là, il s’agit de choisir des photos pour les présenter en concours régional. Je me demande quelle photo je dois montrer pour plaire aux juges. Mais c’est là que je me trompe je crois. La vraie question c’est : quelle photo j’ai envie de montrer ? Parce que celle qui me touche le plus n’est pas nécessairement celle qui les touchera le plus, mais c’est celle que j’aurais eu envie de partager. Celle qui donnera le plus à voir de moi, au moment où j’ai choisi de les montrer. Parce que ces photos-là résonnaient particulièrement en moi.

Alors oui, il y a la notion d’affect, et certaines photos, bien que moins bonnes techniquement parlant, ont un lien très fort avec moi qui les ai prises. Parce que j’aurai galéré un peu (beaucoup, énormément, à la folie…), parce que j’aurais le sentiment de m’être dépassée, d’avoir avancé, d’avoir entrevue une vérité….

Ce lien affectif ne fait pas forcément une bonne photo. Mais c’est à partir de ces photos là qu’il faut commencer le travail. Qu’est ce qui aurait pu être amélioré pour que mon émotion ne soit plus uniquement la mienne, mais aussi l’émotion du spectateur ? Est-ce la technique ? La composition ? La lumière ? Fallait-il enlever un élément, en ajouter un ? Est-ce que le sujet est trop classique ? Souvent rencontré ? Banal ? Incompréhensible hors contexte ?

La photo raconte-t-elle une histoire ? C’est peut-être ça, qu’il faut que je me demande quand je choisis mes photos. Est-ce que le public sera en mesure d’être transporté dans un autre contexte, un autre décor ? Est-ce qu’il pourra inventer une vie au personnage représenté ? Est-ce qu’il rêvera de se perdre dans les rues immortalisées ? Est-ce que le coucher de soleil aura autant de poids qu’il en a eu pour moi, photographe ?

Ce ne sera peut-être pas la même histoire, ni la même émotion. Mais s’il y en a une, s’il se passe quelque chose, alors j’aurais réussi…

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