Méditation photographique #4

Ecrit le 28/05/2018...

- Le pouvoir du photographe -

En préparant ma série de photos « Bolbec, Ville textile », j’ai découvert une ville pleine de trésors, des trésors que je n’aurais pas imaginés.

C’est une ville au riche passé industriel textile, et pas seulement. L’architecture témoigne ici ou là de la prospérité passée de la Ville, et un lourd travail de restauration et de mise en valeur du patrimoine est nécessaire (et en cours…).

Ce qui m’a le plus marquée samedi lors de la Ruée vers l’Art (18e édition), c’est l’étonnement des Bolbécais. L’étonnement de voir une série de photos de Bolbec, d’abord. L’étonnement quand ils s’aperçoivent que la photographe n’est pas de Bolbec, ensuite. L’étonnement encore plus grand quand ils comprennent que j’ai pris la peine de venir de région parisienne pour faire cette série et cette expo. Spécialement pour ça.

J’ai vu des regards ébahis, pleins d’incompréhension. J’ai même entendu des « Mais pourquoi Bolbec ? »

Et quand je réponds que la Ville est belle, et qu’elle mérite d’être mise en lumière, les yeux des « locaux » étaient encore plus surpris. « Vous trouvez ? » me répond-t-on.

Regardez autour de vous. Vous-même vous m’avez dit que les photos étaient belles. Elles ne sont pas trafiquées, truquées, elles sont simplement le reflet de votre Ville…

Et là, la magie opère. La personne regarde encore autour d’elle, s’attarde sur chaque photo. Je vois dans son regard que quelque chose a changé…

C’est ça, le travail du photographe. Mettre en lumière la beauté du Monde qui nous entoure. A travers notre regard, nous permettons aux autres de découvrir ou redécouvrir la beauté, simplement l’univers dans lequel nous évoluons sans lui accorder la moindre attention.

Nous agissons comme un révélateur. Comme du temps de la photo argentique, où des bains étaient nécessaires pour faire apparaitre l’image, notre regard, nos photos révèlent au Monde notre vision des choses. Nous ne les sublimons pas forcément, mais nous portons un regard bienveillant et empathique. Nous y mettons notre âme, nous y mettons notre cœur, et c’est ça, sans doute, qui agit comme un filtre et contamine les autres et les font changer de regard.

Etre photographe, c’est être doté d’un très grand pouvoir : celui de susciter des émotions. J’ai été largement servie samedi en allant à la rencontre des Bolbécais. Je leur ai donné beaucoup d’émotions, mais ils me l’ont rendu au centuple. Pour ça, je voudrais leur dire : MERCI !

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