Méditation photographique #2

Ecrit le 26 avril 2017...

Il y a quelques semaines, une amie de ma sœur (les amies de ma sœur sont mes amies), m’a fait une proposition qui a un peu bouleversé mon univers bien rangé.
 

 

Cette amie est une créatrice de bijoux. Après des déconvenues avec une collaboratrice, elle a décidé de donner sens à son rêve, de le vivre vraiment, en s’en donnant les moyens à la hauteur de ce qu’elle mérite : elle ouvre sa boutique.

Dans sa jolie boutique, elle décide qu’il n’y aura pas seulement ses créations. Les siennes, bien sûr, y tiendront une belle place, parce qu’elle aime créer ses parures pour ses jolies mariées, et contribuer ainsi à la réussite « du plus beau jour de leur vie » (et pas seulement). Elle décide d’ouvrir sa boutiques à des artisans, des artistes, des créateurs, des passionnés, pour qu’à leur tour, ils vivent l’expérience de partager un peu plus loin leurs passions, leurs savoirs, leurs talents.

C’est dans ce contexte qu’elle m’a proposé de mettre en vente mes photos dans sa boutique. Moi ? Mettre en vente mes photos ? Euh… Mais pourquoi ? Je ne suis qu’une simple amatrice ? Suis-je légitime en tant que vendeuse de photos ? N’est-ce pas un peu prétentieux de ma part ? Que vont penser les gens ? Et les clients seront-ils intéressés ?

Je vous passe les détails de l’avalanche de questions qui me sont montées à la tête, en tourbillons démentiels. Je dois avouer que j’ai toujours eu le ciboulot qui chauffait un peu trop, parfois jusqu’à m’immobiliser totalement.

Mais pas cette fois.

Sans doute le fruit de tous mes efforts à m’aimer mieux, à m’accepter, à prendre soin de moi…. Cette fois, une de mes petites voix dans ma tête s’est rapidement élevée, et a pris ma défense. Et pourquoi moi je ne serais pas à la hauteur ? Si cette amie a jugé bon de me proposer d’exposer mes photos, c’est qu’elle estime que mes créations valent le coup d’œil. D’ailleurs, j’ai déjà vendu des photos, toute amatrice que je sois.

Alors oui, j’allais accepter. J’ai un peu (beaucoup) bataillé avec mes voix intérieures, qui quand même se chamaillaient pour l’occasion, l’une ralentissant un peu la cadence, mettant des bâtons dans les roues de l’autre. Mais ce que j’ai observé, c’est que la démarche était entreprise. Le premier pas était fait. Rien n’arrêterait la petite voix, bien décidée à faire de cette entreprise un succès !

Je suis déterminée. Peut-être que certaines personnes autour de moi sont sceptiques. C’est leur problème. J’ai bien assez de mes doutes, de mes questions à résoudre sans leur accorder d’importance. Aujourd’hui, mon statut est officiel, et rien que ça, ça me rend légitime. Ce n’est plus mon combat, de ce côté-là, c’est clair !

Aujourd’hui, le combat que je mène est tout autre. Encore une fois, c’est contre moi-même que je me bats. Nous sommes souvent nos pires ennemis… Je lutte contre moi-même pour faire tomber les carapaces, les armures, les carcans. Ce que je veux ? Libérer ma créativité. Pour qu’une fois pour toute, je n’ai plus peur de dire « je suis une artiste », pour que grandisse en moi la fierté de présenter mes photos, mes créations, et pour que j’accepte de les voir s’éloigner de moi pour faire le bonheur de quelqu’un d’autre.

Ces derniers jours, j’ai très peu travaillé la photo. Pourtant, il faut que je prépare les premières photos que je vais déposer dans la boutique. Une nouvelle phase, plus concrète, s’amorce. Malgré tout, je ne me mets pas la pression. Je sens que ce qui est en train de se mettre en marche, je sens que le temps que je prends n’est pas vain. Je sens en moi une force en train de germer, une prise de conscience s’opère. C’est un peu comme s’il fallait que je prenne le temps de digérer l’annonce officielle de la création de mon entreprise.

Je rencontre des gens qui m’influencent par leurs mots, et je les en remercie. Ils font la lumière sur ce que je savais déjà mais que je refusais de voir jusque-là. D’autres m’influencent par leurs actions, en m’orientant vers d’autres personnes, d’autres solutions. Ceux-là me permettent d’élargir le champ des possibles, m’ouvrent les yeux sur de nouvelles pistes à explorer. Ils sèment parfois, peut-être, un peu de trouble là où je pensais les choses plutôt claires, mais c’est pour y apporter une lumière nouvelle, comme si un autre pan de la vérité se dessinait.

Toutes ces personnes ne s’imaginent peut-être pas le rôle qu’elles tiennent dans mon histoire. Mais moi je le sais, et je suis reconnaissante des traces qu’elles laissent dans ma vie. Chacune de ces personnes à leur façon est un moteur qui me pousse à m’enfoncer dans cette aventure, à me sortir de ma zone de confort.

Ce qui me surprend le plus dans tout ça ? Je n’ai pas peur. J’avance simplement, étape après étape en me laissant porter par ce qui semble être une force incontrôlée, incontrôlable, et pourtant si bienveillante et constructive. Jour après jour, j’ai l’impression de me révéler à moi, de me découvrir, de m’accomplir (même si ça veut dire en parallèle qu’il est parfois compliqué de continuer le reste de ma vie avec le même enthousiasme…). J’apprends à me faire confiance, et à croquer la vie à pleines dents.

Cette aventure a le goût de la liberté. J’aime cette idée. J’aime la vivre. J’ai hâte de découvrir ce qu’elle me réserve, ce que JE me réserve…
 

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